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Abbayes et prieurés mauristes

*Bèze (Abbaye Saint-Pierre)

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Abbaye Saint-Pierre
Province de Bourgogne (Côte-d’Or)
Diocèse de Dijon
Réformée en 1663



HISTOIRE DE L’ABBAYE DE BÈZE - IÈRE PÉRIODE
FONDATION & DESTRUCTIONS


(VIIe siècle – XIe siècle)

L’abbaye doit sa naissance à un crime politique : Amalgaire, duc des Attuariens avait tué, sur ordre de Dagobert, un oncle de Dagobert qui complotait contre lui. Amalgaire en fut récompensé par des dotations en terres. Plus tard Amalgaire, en expiation, et pour obtenir le pardon de l’Eglise, décida de donner ces terres pour la fondation d’une abbaye.


Cette fondation eut lieu au VIIe siècle, en 630 ap. J.C., au lieu-dit « Fons Besua » - source de la Bèze – en fait, une résurgence. Il s’agissait probablement de christianiser un culte païen (les sources, dans le monde gréco-latin, étaient divinisées, comme en témoigne le culte de la déesse Sequana aux sources de la Seine).
Amalgaire avait doté richement l’abbaye, en lui donnant des terres nombreuses, dont des vignes dans la région de Gevrey-Chambertin (d’où tire son origine un des plus fameux vins rouges de Bourgogne : le Chambertin Clos de Bèze – comptez aujourd’hui une centaine d’euros pour une bouteille). Hélas, les moines de Bèze seront contraints, bien plus tard, de vendre le clos de Bèze (en 1219, aux chanoines de Langres), pour régler de lourdes dettes… Le premier abbé fut un fils d’Amalgaire : Waldalène, jusque-là moine à l’abbaye de Luxeuil, abbaye fondée par Saint Colomban, saint fondateur d’abbayes venu d’Irlande. C’est pourquoi l’abbaye de Bèze suivit d’abord, pendant deux siècles, la règle de Saint Colomban, avant d’adopter, à partir du IXe siècle (en l’an 826 précisément), la règle de Saint Benoît, devenant ainsi une abbaye bénédictine.

Les premiers bâtiments :

  • un « noyau » monastique, bâti en « dur », en pierre, sur plan carré ou rectangulaire :
  • et beaucoup de dépendances en bois et terre, avec toit de chaume, ce qui explique les ravages des incendies.

Sept destructions successives marquent la première période de l’histoire de l’abbaye de Bèze :

  • deux destructions, dès le VIIe siècle, par les guerres civiles
    • entre seigneurs francs (en 660),
    • puis avec les Austrasiens de Dagobert II en guerre contre Thierry III (676) ;
  • quatre destructions par les invasions :
    • par les Sarrasins, au VIIIe siècle (731),
    • par les Normands, au IXe siècle (888),
    • par les Hongrois, au Xe siècle - deux fois : en 936, puis en 937.
  • une destruction par les dilapidations d’Angla, une « favorite » de Rémi, évêque de Langres, demi-frère de Pépin le Bref, qui lui avait « donné » l’abbaye comme un cadeau (au VIIIe siècle : vers 750-760).

Sept destructions, mais il y aura sept reconstructions : l’abbaye renaît toujours de ses cendres.

  • une reconstruction majeure : celle opérée par Albéric, évêque de Langres (IXe siècle / décennies 820-830) – c’est lui qui fit adopter la règle de Saint Benoît ; il fut enterré à l’abbaye de Bèze.
  • une donation très importante : celle de Geilon, évêque de Langres, qui donna à l’Abbaye, en 883, les reliques de Saint Prudent, rapportées de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle (elles étaient dans une chapelle de Narbonne) ; Geilon aura également sa tombe à l’abbaye de Bèze.

HISTOIRE DE L’ABBAYE DE BÈZE - IIe PÉRIODE :
RENAISSANCE ET APOGÉE (XIe.- XIIe s.)


Fin Xe – début XIe siècle

Après la dernière destruction par les Hongrois (937), l’abbaye était restée déserte pendant un demi-siècle À la fin du Xe siècle, l’évêque de Langres, Brunon (ou Bruno) de Roucy, demanda à Mayeul, l’abbé de Cluny, de lui envoyer des moines pour refonder les abbayes de son diocèse.

Mayeul envoya notamment Guillaume de Volpiano, d’origine italienne, qui devint abbé de Saint-Bénigne, puis abbé de Bèze (de 990 à 1031) ; il plaça à Bèze Raoul Le Blanc, vicomte de Dijon, qui s’était fait moine, et consacra dès lors sa fortune au relèvement du monastère, en employant de nombreux artisans (sculpteurs, peintres, enlumineurs, etc.) que Guillaume de Volpiano avait fait venir d’Italie.

Fin XIe - début XIIe siècle

À la fin du XIe siècle, en 1088, Etienne de Joinville, d’abord moine au Prieuré Saint-Oyan-de- Bar, puis à Cluny, dont son oncle Widon est grand Prieur, devient abbé de Bèze en 1088. Il doublera le domaine de l’Abbaye, tant par restitutions que par donations, et agrandira l’abbatiale, conduisant son chevet jusqu’à la rivière. Son abbatiat, qui durera jusqu’en 1124, marque l’apogée de l’Abbaye, qui compte environ 50 moines sur place, et 100 en tout, dans les prieurés qui en relèvent.

Parmi ces moines,

  • le moine Jean († 1120), copiste et scribe de l’Abbaye, auteur de la Chronique de l’abbaye de Bèze (Chronicon Besuense), histoire de l’Abbaye depuis sa fondation jusqu’au début du XIIe siècle ;
  • le moine Thibaud (Teobaudus, † 1130), auteur des Miracles de Saint Prudent (Miracula Sancti Prudentii), récit des guérisons miraculeuses opérées par les reliques du saint) ;
  • et aussi Raoul Glaber (le Glabre ou le Chauve), le célèbre historien de l’an Mil, qui a relaté dans ses Libri Quinque Historiae (Les Cinq Livres d’Histoire) les événements de l’an 900 jusqu’à l’an 1044 ; on lui doit la célèbre formule : « En ce temps-là le royaume de France se couvrait d’un blanc manteau d’églises ».

Consécration de cet apogée : le séjour du Pape Pascal II à l’abbaye, au début du XIIe siècle, du 17 au 19 février 1106.

Les restes des chapelles que l’on voit au bord de la Bèze sont précisément ce qui subsiste de la grande abbatiale érigée par Etienne de Joinville, qui avait agrandi l’église précédente (de Raoul le Blanc) en la conduisant jusqu’à la rivière (« ecclesiae caput extendit super amnem », dit son épitaphe).

Ces chapelles étaient au chevet de l’église ; ce sont ce qu’on appelle des chapelles absidales (situées à l’abside) : au centre, la chapelle de la Vierge, avec, gauche, un chapiteau de l’Annonciation (l’ange a hélas disparu en 1940), et à droite, un chapiteau de la Visitation, chapiteaux contemporains de ceux de Saint-Lazare d’Autun. On sait par ailleurs que la 2e chapelle était consacrée à Saint-Etienne, et que la 3e chapelle sera plus tard consacrée à Saint Yves.

Pourquoi ces chapelles sont-elles, aujourd’hui, enterrées ? C’est que le niveau de la Bèze a été considérablement relevé (d’environ deux mètres) au XVIIe siècle : l’abbé de l’époque (Jean de Sauveboeuf - vers 1680), désirant développer les forges de l’abbaye, voulait obtenir une chute d’eau plus importante, pour donner plus d’énergie hydraulique aux moulins actionnant les marteaux qui façonnaient le métal. D’où une surélévation des vannages, et un effondrement des rives, qui comblèrent le lit de la Bèze ; d’où des inondations ; d’où des corvées incessantes de charrettes de terre et de pierre (plus de 4.000…) à déverser pour relever le niveau de la Bèze (on le sait par les plaintes des habitants de Bèze contre l’abbé, auprès de l’intendant de Langres).

HISTOIRE DE L’ABBAYE DE BÈZE - IIIe PÉRIODE :
L’ABBAYE FÉODALE (XIIIe s. - XVe s.)

L’abbaye s’adapte au régime féodal, et au milieu du XIIIe siècle (en 1253) l’abbé Geoffroy II est le premier abbé de Bèze à porter le titre de « baron de Bèze ».

C’est l’époque d’un relâchement dans l’observance de la règle, et de la prédominance des intérêts temporels par rapport à la vie spirituelle : dans les archives, il n’est question que de procès entre l’abbé et l’évêque de Langres, entre les moines et les habitants de Bèze, ou les seigneurs des environs, pour des questions de redevances, ou de droits d’usage… Périodiquement, les charges des moines dépassent leurs revenus : ainsi ils sont contraints, en 1219, de vendre leurs vignes de Gevrey- Chambertin (le clos de Bèze) aux chanoines de Langres.

Bèze : l'école monastique, place de Verdun {JPEG}

Mais c’est aussi l’époque où, à la fin du XIIIe siècle (vers 1280), l’abbé Girard (Girard III, troisième du nom) fait construire l’école monastique extérieure, dans le village, pour servir à l’instruction des enfants non destinés à l’Eglise : c’est la fameuse maison sur la place de Verdun.

Puis, au milieu du XIVe siècle, commence une période très dure pour la France en général, et donc pour les moines de Bèze : début de la guerre de Cent Ans (1347), et peste noire .

Fin XIVe siècle (en 1379, très exactement), l’abbaye est réduite à douze moines.

Dans le premier quart du XVe siècle, en 1423 (pour situer : en 1429, ce sera l’entrée de Jeanne d’Arc à Orléans) Simon de Torcenay est nommé abbé de Bèze : c’est un « moine guerrier ».

C’est lui qui fait de l’abbaye une place forte, ceinturée de murs, entourée de douves (avec un pont-levis), et qui construit une deuxième ligne de murs pour fortifier le village.
C’est à lui qu’on doit la tour d’Oysel (sur la place du champ de foire, avec son lavoir), et la tour de Chaux (à droite, avant d’entrer dans cette propriété).
Simon de Torcenay fait également construire (à partir de 1425) les premières forges sur la Bèze (qui subsisteront jusqu’à la fin du XIXe siècle).
Les forges furent ensuite remplacées par une centrale électrique hydraulique, qui a fonctionné jusqu’aux années 1960 (aujourd’hui le lieu porte le nom de « Belle Ile en Bèze »).
Bèze : les forges

Les forges de Bèze


HISTOIRE DE L’ABBAYE DE BÈZE - IVe PÉRIODE
DÉCADENCE, ET DERNIÈRE RENAISSANCE (XVIe – début XVIIIe s.)

La décadence de l’abbaye sera due en grande partie au système dit de la « commende » (avec un « e ») : désormais, l’abbé ne sera plus élu par les moines ou choisi par les autorités religieuses, mais nommé par le roi, et chargé uniquement de la gestion des biens temporels.

Très vite, le système engendre des abus : l’abbé, extérieur à l’abbaye, tâche de se réserver l’essentiel des revenus, en ne concédant aux moines que le strict minimum. Ainsi, en 1615, on verra nommer comme abbé un seigneur laïc, Charles de Ferrières.

La décadence de l’abbaye est due aussi aux ravages des guerres : guerre entre le duché de Bourgogne et la Franche-Comté, avec notamment l’invasion des Suisses en Bourgogne, début XVIe (1513) : Bèze, comme beaucoup d’autres bourgs, est dévasté. Guerres de religion, dans la deuxième moitié du XVIe siècle : l’évêque de Langres se rallie à Henri IV, mais Bèze est occupée par des Ligueurs. En 1592, l’abbaye ne compte plus que six moines et deux novices.

Puis au niveau européen, c’est la Guerre de Trente Ans, au début du XVIIe siècle : en 1636, l’armée de Gallas, une armée autrichienne venue de Franche-Comté (qui appartient alors à l’empire des Habsbourg) ravage toute la vallée de la Vingeanne ; c’est ensuite au tour des « Suédois » (en fait des mercenaires allemands), en théorie alliés de la France, de piller et d’anéantir ce qui restait debout. L’abbaye est en ruines, et seuls quelques moines y résident, de façon séparée, dans des logements qu’ils se sont chacun aménagés.

C’est en 1662 que l’abbaye renaît une dernière fois, avec la venue de 12 religieux (nombre symbolique, pour une refondation), appartenant à la Congrégation de Saint-Maur.

La Congrégation des Bénédictins de Saint- Maur (fondée en 1621)

L’histoire monastique est faite de réformes successives : on adopte une règle (la règle de Saint Benoît, en l’occurrence), puis graduellement on s’en éloigne, et donc, périodiquement, on fait une réforme, pour revenir à une observance plus authentique de la règle.

Le nom de saint Maur est celui d’un disciple de saint Benoît, qui aurait été l’introducteur de l’Ordre Bénédictin en France : il est donc symbolique d’une volonté de refondation de l’Ordre en France.

Les « Mauristes » seront des savants, des intellectuels, voués à la recherche historique, qu’il s’agisse d’histoire religieuse ou d’histoire de la France ; ils rédigent de grands recueils fondés sur la transcription de nombreux documents authentiques. Les grands hommes de Saint-Maur sont Dom Mabillon (1632-1707), fondateur de l’érudition historique moderne, ou encore Dom Bernard de Montfaucon (1655-1741).
À terme, la Congrégation de Saint-Maur, dont le centre est l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, aura « repris » près de deux cents abbayes bénédictines en France.

En 1690, une vue « scénographique » de l’abbaye, destinée à un Recueil décrivant toutes les abbayes de la Congrégation (le Monasticon Gallicanum, qui ne sera finalement édité qu’au XIXe s.) témoigne de l’avant-dernier état architectural de l’Abbaye de Bèze.

HISTOIRE DE L’ ABBAYE DE BÈZE
CINQUIÈME ET DERNIÈRE PÉRIODE : L’ABBAYE SANS ABBÉ


(1731 - 1791)

En 1731, c’est la création de l’évêché de Dijon ; pour fournir des subsides au nouveau diocèse, l’abbaye de Bèze (avec d’autres abbayes) est soustraite au diocèse de Langres, et rattachée directement à l’évêque de Dijon, qui en absorbe les revenus.
Il n’y a plus d’abbé, mais, sur place, un simple « Prieur » ; durant tout le reste du XVIIIe siècle, on assistera à des conflits entre les moines, qui estiment que l’évêché ne leur laisse pas assez pour l’entretien de l’abbaye, et l’évêque, qui considère qu’il en fait suffisamment.
Pour autant, la Congrégation de Saint-Maur a prévu un projet de reconstruction de l’abbaye, et va le réaliser sur le long terme. Les travaux débutent vers le milieu du XVIIIe, et aboutissent au dernier état architectural de l’Abbaye, dont les bâtiments actuels sont les témoins.

Dès 1740, le Supérieur Général de la Congrégation accepte un projet de l’architecte Franque, qui rompt avec la disposition monastique traditionnelle, en faisant passer ce qu’on appelle encore le « dortoir » (c’est-à-dire l’ensemble formé par les cellules – les chambres - des moines) de l’Est au Sud : l’austérité de la Règle bénédictine est ainsi tempérée par le nouveau souci, propre au XVIIIe siècle, de profiter de la lumière et des vertus qu’on attribue à l’air du Midi. Les travaux s’étaleront sur vingt ans, et les plans seront modifiés sous la direction de l’architecte dijonnais Saintpère.
On aboutit à terme à une grande construction de 113 mètres de long, un « palais monastique », selon l’expression de Courtépée, dans sa Description du duché de Bourgogne, dont les deux bâtiments aujourd’hui subsistants étaient les ailes, que reliait un bâtiment principal en avant-corps, aujourd’hui disparu, et où étaient situées (au premier étage) les cellules des moines.
Le bâtiment sur la rivière fut gardé, dans ses grandes lignes, pour former l’aile du Levant, qui abritait notamment l’infirmerie (dans un temps où le « système de santé » reposait largement aux ordres religieux). Dans l’aile Ouest, au second étage, fut placée la Bibliothèque (4175 volumes, selon l’Inventaire de mai 1790), avec des chambres d’hôtes au premier étage, pour les visiteurs de marque. Au rez-de-chaussée de ce Bâtiment, les appartements du Cellerier et du sous-Cellerier, chargés de la vie matérielle du couvent.
L’église restait, grosso modo, l’abbatiale ancienne, consolidée et un peu raccourcie (son chevet n’allait plus jusqu’à la rivière), avec son clocher dans la pelouse où s’élève aujourd’hui le Séquoia.
En symétrie avec l’aile Ouest, on construisit ce qu’on appelle aujourd’hui le « Cellier des moines » : les deux bâtiments délimitaient une grande place qui précédait l’entrée de l’église, située à égale distance de l’un et de l’autre – un projet d’entrée monumentale par la route de Mirebeau aurait dû compléter le dispositif, mais ne fut pas réalisé, faute de moyens.
Quant au cloître, dont les limites sont matérialisées provisoirement par une ligne d’herbes plus hautes, sa reconstruction n’était toujours pas terminée en 1774, comme en témoigne le plan levé cette année-là.

Fin de l’histoire de l’abbaye à la Révolution : l’Assemblée Constituante décrète (le 2 novembre 1789) la nationalisation des biens du Clergé, et supprime ensuite les Ordres Monastiques. En mai 1790, la municipalité de Bèze (conduite par le curé Guelaud) fait l’Inventaire des Biens des Religieux de Bèze. En janvier 1791, c’est le départ des trois derniers moines, et en août suivant, l’adjudication à un papetier de Langres nommé Faitout, qui, après l’échec d’un projet de filature, détruisit les constructions pour en revendre les pierres ; l’abbatiale fut détruite vers 1796, et la partie centrale des bâtiments en 1805.

L’ancienne « maison conventuelle » fut revendue en 1804 à Frédéric Rochet, maître de forges ; sa fille, mariée à M. Sirodot, revendit la propriété en 1841 à Aubin Bureau (autre maître de forges) ; à la mort de ce dernier, elle devient la propriété de Me Roydet, notaire, puis, en 1872 de Philippe Breuil, industriel dijonnais (qui avait fait fortune en brevetant un procédé de minoterie à fèves), dont les actuels propriétaires sont les descendants.


BRÈVE CHRONOLOGIE


[D’après Solange de MONTENAY, L’Abbaye bénédictine Saint-Pierre de Bèze, Dijon, ABSS, 1960]

I / FONDATION ET DESTRUCTIONS (VIIe s.- Xe siècle)

630 : Fondation de l’abbaye Saint-Pierre, sous la règle de Saint Colomban, au lieu-dit « Fons Besua », (source de la Bèze), par le duc Amalgaire, duc du pays des Attuariens ; son fils Waldalène, d’abord moine à Luxeuil, en est le 1er abbé. Dès le début, elle est richement dotée en terres, et notamment en vignes à Gevrey-Chambertin - le fameux « Clos de Bèze ».
660  : Première destruction, due à des guerres intestines entre seigneurs francs.
676 : Deuxième destruction, par les Austrasiens de Dagobert II, en guerre contre Thierry III.
731 : Troisième destruction, par les Sarrasins.
752 : (à partir de) : Quatrième destruction, du fait des dilapidations d’Angla, favorite de Rémi, demi-frère de Pépin le Bref, auquel celui-ci avait confié l’évêché de Langres.
826 : Albéric, évêque de Langres, rebâtit le Monastère, désormais sous la règle de Saint-Benoît.
883  : Geilon, évêque de Langres, confie aux moines de Bèze les reliques de Saint-Prudent.
888 : Cinquième destruction, par les Normands ; les moines ne reviendront qu’en 921.
936  : Sixième destruction, par les Hongrois.
937 : Septième destruction : nouveau passage des Hongrois ; l’abbaye déserte pour un demi-siècle.

II / RENAISSANCE & APOGÉE (XIe s.-XIIe s.)

990 : Guillaume de Volpiano, nouvel abbé, envoyé de Cluny, reconstruit l’abbaye à la demande de l’évêque de Langres, Brunon de Roucy, et grâce aux dons de Raoul le Blanc, vicomte de Dijon, qui y prend l’habit monastique.
1025 : L’abbaye compte parmi ses moines Raoul Glaber, le célèbre historien de l’an Mil.
1088 : Étienne de Joinville nommé abbé de Bèze ; sous son abbatiat, apogée de l’abbaye, qui compte environ 50 moines sur place, et 100 en tout (dans les prieurés qui en relèvent), parmi lesquels le moine Jean, auteur du Chronicon Besuensis Abbatiae, et le moine Thibaut, auteur des Miracula Sancti Prudentii.
1107 : Séjour du Pape Pascal II à l’abbaye (du 17 au 19 février).
1198  : Incendie accidentel de l’abbaye.

III / L’ABBAYE FÉODALE (XIIIe s.- XVe s.)

1219 : Vente du « Clos de Bèze » (à Gevrey), aux chanoines de Langres, pour régler de lourdes dettes.
1253 : Geoffroy II, premier abbé de Bèze à porter le titre de baron.
1280 : Sous l’abbé Girard, construction de l’école monastique « extérieure », dans le bourg.
1350 : Peste noire et débuts de la guerre de Cent ans. En 1379, l’abbaye est réduite à 12 moines.
1423 : Simon de Torcenay nommé abbé de Bèze. Il fera de l’abbaye une place forte (c’est à lui qu’on doit, entre autres, la tour d’Oysel et la tour de Chaux).
1425 : Simon de Torcenay installe les premières forges (qui subsisteront jusqu’à la fin du XIXe s.).

IV / DÉCADENCE, PUIS DERNIÈRE RENAISSANCE (XVIe s. - début XVIIIe s.)

1516-1614  : Abbés commendataires et guerres de Religion.
1615 : Le premier abbé seigneur laïc, Charles de Ferrières.
1636 (novembre) : Bèze ravagée par Gallas, puis par les « Suédois » (troupes allemandes en théorie alliées).
1662 : 12 religieux de la Congrégation de Saint-Maur viennent pour relever l’abbaye en ruines.
1690 : Avant-dernier état de l’abbaye, dont témoigne le plan du Monasticon Gallicanum.
 1680 : Surélévation des vannages de la forge en aval ; rehaussement du sol d’environ deux mètres.
1714  : Naissance à Bèze de François Clément, futur bénédictin… mais pas à l’abbaye de Bèze, célèbre auteur, en son temps, de L’Art de vérifier les dates (1re éd. 1770).

V / L’ABBAYE SANS ABBÉ (1731-1791)

1731 : Érection d’un évêché à Dijon, qui absorbe la mense abbatiale ; l’abbaye devient simple couvent.
1738 : Début des travaux de reconstruction de l’Abbaye, dans son dernier état.
1768 : Huit moines à l’Abbaye.
1790 (mai) : Inventaire des biens de l’abbaye par la Municipalité, en vue de la vente comme bien national.
1791 (janvier) : Départ des trois derniers moines.

Textes et iconographie communiqués par M. Jérôme Brasart


Liste des prieurs

1663. P.S.G.
1729. D. Jean_Baptiste Sarrazin.
1666. D. Jacques Jandot.
1733. D. Gérard Moissard [1]
1669. Contin. prior.
1736. D. Louis Bard.
1672. D. Pierre Fresnay.
1739. D. Philippe de Montigny.
1675. Contin. prior.
1742. D. Jacques Boudeau.
1678. D. Fulgence de Chabannes.
1745. D. Jacques Mornier.
1681. Contin. prior.
1748. D. Joseph Bouhigné.
1684. Contin. prior [2]
1751. Contin.
1687. D. Laurent Joyeux.
1754. Contin.
1690. D. Jacques Alamargot.
1757. D. Jean_Baptiste Reynier [3]
1693. Contin. prior.
1760. D. Thomas Mathieu.
1696. D. Jean des Pierres.
1763. Contin.
1699. D. Louis Le Maignan [4]
1766. D. Jean_Jacques Vaudrey.
1702. D. Jean Hélie.
1769. D. Zacharie Merle.
1705. D. Nicolas Saulnier.
1772. D. Germain Gontard.
1708. Contin. prior.
1775. D. François Forneron.
1711. D. René de la Haye.
1778. D. Joachim Pioche.
1714. Contin. Prior [5]
1781. D. Pierre_François Patenaille.
1717. D. Louis Goupil.
1783. D. Joachim Pioche.
1720. D. Gilles de Réméon.
1788. D. Bénigne Madenié.
1723. Contin.

1726. Contin [6]

Liens

- Blog de L’association des Amis de l’Abbaye de Beze

Notes

[1] Remplacé par dom Louis Bard à la Diète de 1734.

[2] Démissionnaire à la Diète de 1686 et remplacé par dom Laurent Joyeux.

[3] Remplacé à la Diète de 1758 par dom Claude Crochet.

[4] Transféré à Flavigny par la Diète de 1700 et remplacé par dom Jean Hélie.

[5] Remplacé par le suivant à la Diète de 1716.

[6] Remplacé par le suivant à la Diète de 1727.

Album photo

Abbaye St-Pierre de Bèze Aile est Bibliothèque Bucher Chapelle semi-enterrée Chapiteau de la chapelle Escalier Galerie de l'étage Hôtellerie Orangerie Tour d'enceinte

P.-S.

Crédit photo : Association des Amis de l’Abbaye Saint-Pierre de Bèze

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Publié le lundi 24 février 2014

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